Salaire ou dividendes… Telle est la question
Avant même de t’incorporer, il y a la grande question existentielle de tout entrepreneur : « Salaire ou dividendes ? » Lire la suite ›
Tu viens d’apprendre que tu es liquidateur d’une succession.
Entre les comptes bancaires, le testament, les assurances, les créanciers et les biens à gérer, la fiscalité n’est probablement pas la première chose dont tu as envie de t’occuper.
Mais elle fait partie du mandat.
À partir du décès, il faut notamment déterminer quelles déclarations devront être produites, quels revenus appartiennent à la personne décédée et lesquels appartiennent plutôt à la succession, quels biens doivent être évalués et quels délais devront être respectés.
Alors, concrètement, qu’est-ce qui se passe lorsque tu nous contactes?
Notre première étape est assez simple : je veux comprendre la situation.
Je vais d’abord te poser quelques questions sur la personne décédée, la succession et ce qui a déjà été fait.
Par exemple :
À cette étape, je ne m’attends pas à ce que tu connaisses déjà toutes les réponses.
Le but est surtout de me permettre de comprendre la succession et d’identifier les éléments fiscaux qui devront être regardés plus attentivement.
Une fois que j’ai une bonne idée de la situation, je vais te demander les documents nécessaires pour ouvrir le dossier et commencer le travail.
Selon la succession, la liste peut varier, mais je vais généralement avoir besoin notamment :
Pourquoi autant d’information?
Et surtout : pas besoin d’attendre d’avoir une boîte parfaitement classée avant de me contacter.
On commence avec ce que tu as. Je vais ensuite te dire ce qui manque.
Avant de pouvoir avancer efficacement dans le dossier, il faut généralement informer les autorités fiscales de la personne qui agit comme liquidateur de la succession.
Je prépare donc les documents nécessaires et je transmets les désignations auprès de l’Agence du revenu du Canada et de Revenu Québec.
Au Québec, le formulaire LM-14 sert notamment à transmettre à Revenu Québec les renseignements concernant la personne qui agit comme liquidateur. Etlorsqu’il n’y a pas de liquidateur nommé au testament, le formulaire LM-14.1.
Je vais également te faire signer les autorisations nécessaires pour que je puisse agir dans le dossier et communiquer avec les autorités fiscales en ton nom.
L’objectif est simple : que tu n’aies pas à gérer toi-même tous les échanges avec l’ARC et Revenu Québec.
Une succession peut nécessiter plusieurs déclarations fiscales.
La première chose à comprendre est qu’il faut distinguer la personne décédée de la succession.
La déclaration finale de la personne décédée
La déclaration finale couvre les revenus de la personne jusqu’à son décès.
Elle peut également comprendre certaines conséquences fiscales directement provoquées par le décès.
Par exemple, selon la situation, il peut être nécessaire d’y déclarer :
Le décès peut notamment entraîner une disposition réputée de certaines immobilisations à leur juste valeur marchande immédiatement avant le décès. Il existe toutefois plusieurs exceptions et possibilités de roulement, notamment lorsque certains biens sont transmis au conjoint.
Pour l’année du décès, il est parfois possible de produire jusqu’à trois déclarations distinctes en plus de la déclaration principale.
Pourquoi ferait-on volontairement plus de déclarations?
Parce que dans certaines circonstances, le fait de séparer certains revenus peut permettre de profiter à nouveau de certains crédits ou taux d’imposition et ainsi réduire la facture fiscale totale.
Les déclarations distinctes peuvent notamment viser :
Revenu Québec confirme que jusqu’à trois déclarations distinctes peuvent être produites, en plus de la déclaration principale, lorsque les conditions sont remplies, et que cette possibilité peut procurer des allègements fiscaux.
Ce n’est évidemment pas avantageux dans toutes les successions.
Mon travail est justement de vérifier si ça l’est dans la tienne.
Après le décès, une nouvelle période commence fiscalement.
Les biens peuvent continuer à générer des revenus avant d’être remis aux héritiers.
Par exemple :
Ces revenus n’appartiennent plus à la personne décédée : ils appartiennent à la succession.
Une déclaration de revenus de succession, la T3 au fédéral et la TP-646 au Québec, peut donc devoir être produite.
Mais ça ne veut pas nécessairement dire que tous les revenus seront imposés dans la succession.
Selon la situation et les modalités du testament, certains revenus peuvent être imposés dans la succession ou attribués aux bénéficiaires, qui devront alors les inclure dans leur propre déclaration de revenus.
C’est donc aussi une question qu’on va regarder ensemble : où est-il plus avantageux d’imposer les revenus?
Cette analyse est particulièrement importante pendant les 36 premiers mois suivant le décès, puisque la succession peut, si elle remplit les conditions requises, être considérée comme une succession assujettie à l’imposition à taux progressifs. Elle bénéficie alors des taux d’imposition progressifs plutôt que d’être automatiquement imposée au taux marginal maximal.
Après cette période de trois ans, cet avantage prend fin. Si la succession existe toujours, ses revenus conservés dans la succession sont alors généralement imposés au taux marginal maximal.
Il est donc avantageux de ne pas laisser une succession se prolonger inutilement.
Puis, lorsqu’on arrive à la fin du règlement de la succession, on produit la dernière déclaration requise afin de fermer le volet fiscal.
Une fois que je connais la situation et les déclarations nécessaires, je peux établir un calendrier de production.
Parce qu’une des difficultés avec une succession, c’est que toutes les déclarations n’ont pas la même date limite.
Version simplifiée (pour une personne qui n’était pas travailleur autonome)
| Si le décès survient… | Déclaration finale à produire au plus tard… | Solde d’impôt à payer au plus tard… |
| Entre le 1er janvier et le 31 octobre | 30 avril de l’année suivante | 30 avril de l’année suivante |
| Si le décès survient… | Déclaration finale à produire au plus tard… | Solde d’impôt à payer au plus tard… |
| Entre le 1er novembre et le 31 décembre | 6 mois après la date du décès | 6 mois après la date du décès |
À noter : Des règles particulières peuvent s’appliquer si la personne décédée ou son conjoint exploitait une entreprise.
| Étape | Échéance générale | Commentaire |
| Déclaration distincte pour droits ou biens | Au plus tard à la dernière des deux dates suivantes : 1 an après le décès ou 90 jours suivant l’avis de cotisation de la déclaration finale | Déclaration optionnelle, selon la situation |
| Autres déclarations distinctes | Généralement dans le même délai que la déclaration finale | Déclarations optionnelles, selon la situation |
| Déclaration de revenus de la succession (T3 et TP-646) | 90 jours suivant la fin de l’année d’imposition de la succession | La succession a sa propre année d’imposition |
| Taux progressifs de la succession | Disponibles pendant un maximum de 36 mois suivant le décès, si les conditions sont remplies | Après ce délai, les revenus conservés dans la succession sont généralement imposés au taux marginal maximal |
| Certificats de décharge / autorisation de distribuer | Avant la distribution finale des biens | On les demande une fois les déclarations produites, les avis de cotisation reçus et les impôts payés |
Au début du mandat, je vais donc te préparer un échéancier clair qui indique :
Pas besoin pour toi de retenir toutes ces dates.
C’est mon travail.
Produire les déclarations n’est pas nécessairement la toute dernière étape du travail du liquidateur.
Il faut également s’assurer que les déclarations ont été traitées, que les impôts ont été payés et que les autorités fiscales n’ont plus de sommes à réclamer avant de procéder à la distribution finale.
C’est là qu’entrent notamment en jeu les certificats de décharge.
Au fédéral, le certificat de décharge permet au représentant légal de distribuer les biens sans risquer d’être personnellement responsable de sommes fiscales qui demeureraient dues à l’ARC.
Au Québec, le liquidateur doit demander un certificat autorisant la distribution des biens de la succession, notamment au moyen du formulaire MR-14.A. Revenu Québec précise que si des biens sont distribués avant l’obtention du certificat requis, le liquidateur peut devenir personnellement responsable des sommes dues, jusqu’à concurrence de la valeur des biens distribués.
Autrement dit : même lorsque tout semble terminé, on évite de distribuer trop rapidement le dernier dollar de la succession.
Être liquidateur vient déjà avec beaucoup de responsabilités.
Mon rôle n’est pas de régler tous les aspects juridiques de la succession à ta place. Mon rôle est de prendre en charge le volet fiscal :
Tu sauras donc ce qu’on doit faire, dans quel ordre et ce qu’il reste à régler avant de pouvoir terminer la succession.
Ton futur toi va te remercier d’avoir lu ça.
L’optimisation fiscale, c’est pas d’être plus riche que tout le monde.
C’est de garder plus de ce que tu gagnes, sans migraine, ni stress, ni audits surprises.
Et si tu veux de l’aide pour mettre tout ça en place :
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Il y a parfois quelque chose dans tes chiffres, dans ta situation ou dans l’évolution de ton entreprise qui mérite qu’on s’arrête et qu’on pose une question de plus. Lire la suite ›