Tu n’es pas trop petit pour avoir un CPA de proximité

Il y a parfois quelque chose dans tes chiffres, dans ta situation ou dans l’évolution de ton entreprise qui mérite qu’on s’arrête et qu’on pose une question de plus.
8 mins de lecture | Articles, Entreprises

Tu n’es pas trop petit pour avoir un CPA de proximité

Oui.

Tu es fort probablement capable de gérer toi-même une bonne partie de ta comptabilité.

Ce n’est pas de la chirurgie à cœur ouvert. Avec un bon logiciel (et même un fichier Excel), un peu de rigueur et quelques vidéos YouTube, plusieurs entrepreneurs peuvent très bien entrer leurs factures, concilier leur compte bancaire et suivre leurs revenus et leurs dépenses.

Et certains travailleurs autonomes ont une situation encore plus simple : quelques revenus, presque aucune dépense et pratiquement rien à comptabiliser.

Le piège, c’est plutôt ce que tu ne penses même pas à vérifier.
Tu ne peux pas savoir ce que tu ne sais pas.
Et c’est souvent là qu’un CPA de proximité peut faire une vraie différence.

Pas nécessairement parce que tu as besoin de quelqu’un pour entrer chacune de tes factures.

Mais parce qu’il y a parfois quelque chose dans tes chiffres, dans ta situation ou dans l’évolution de ton entreprise qui mérite qu’on s’arrête et qu’on pose une question de plus. Alors que probablement, tu ne savais pas qu’il y avait une question à poser.

Voici trois situations réelles où une règle, un choix ou une stratégie pouvait facilement passer sous le radar.

Cas réel no 1 – Isabelle et Étienne*

Étienne est travailleur autonome.

Depuis plusieurs années, son activité principale génère moins de 30 000 $ par année depuis plusieurs années.

Il n’est donc pas inscrit aux fichiers de la TPS et de la TVQ.

Sa situation est très simple : essentiellement des revenus et très peu de dépenses.

Puis, une année, il gagne également environ 15 000 $ grâce à une deuxième activité, totalement différente de la première.

Il ne se pose pas la question, les deux activités sont séparées. Il ne produit même pas de facture pour sa deuxième activité, mais il reçoit un T4A et un relevé 1 à la fin de l’année.

Activité no 1 : moins de 30 000 $.

Activité no 2 : moins de 30 000 $.

Donc, toujours sous le seuil.

Sauf que ce n’est pas nécessairement comme ça que le seuil de petit fournisseur fonctionne.

Pour un particulier travailleur autonome, on doit généralement considérer l’ensemble de ses fournitures taxables et détaxées, selon les règles applicables.

Autrement dit, ce n’est pas :

25 000 $ dans une activité = sous le seuil.
15 000 $ dans une autre activité = sous le seuil.

C’est plutôt :

25 000 $ + 15 000 $ = 40 000 $.

Et là, Étienne dépasse le seuil de 30 000 $.

Le problème?

Quand Isabelle et Étienne viennent me voir, ça fait trois ans qu’ils n’ont pas produit leurs déclarations de revenus. La vie a été difficile pour eux. Les obligations fiscales ont pris le bord.

C’est en remettant leur dossier à jour qu’on réalise qu’Étienne aurait dû s’inscrire aux taxes plusieurs années auparavant.

Les clients ont déjà payé leurs factures.
Les taxes n’ont pas été perçues.

Il faut maintenant corriger le passé et composer avec les intérêts et les conséquences liées au retard.

Et comme Étienne avait très peu de dépenses, il aurait également été pertinent d’évaluer dès le départ si la méthode rapide de comptabilité pour la TPS et la TVQ aurait pu être avantageuse pour lui.

Son dossier n’était pas complexe.

Ignorer une toute petite règle fiscale peut finalement coûter très cher.

Mais simple ne veut pas dire qu’il n’y a rien à surveiller.

Cas réel no 2 – Marc-Antoine*

Marc-Antoine exploite une petite entreprise de services.

Il est inscrit à la TPS et à la TVQ et produit ses déclarations de taxes normalement.

Depuis toujours, il utilise la méthode classique.

Il perçoit les taxes sur ses ventes, réclame les taxes payées sur ses dépenses admissibles et remet la différence.

Tout fonctionne.

Mais son entreprise a une particularité :

Elle a très peu de dépenses.

Donc, très peu de crédits de taxes sur les intrants à réclamer.

À ce moment-là, ça vaut la peine de se poser une question :

Est-ce que la méthode classique est vraiment la méthode la plus avantageuse pour lui?

On fait le calcul.

On compare la méthode classique avec la méthode rapide.

Et dans son cas, la méthode rapide lui permet de conserver davantage d’argent dans son entreprise.

Pas parce qu’on a trouvé une faille.
Pas parce qu’on a inventé une stratégie fiscale compliquée.

Simplement parce qu’il existe plus d’une façon prévue par les règles de calculer les taxes à remettre, et que l’une d’elles correspond mieux à sa réalité.

C’est le genre de chose qui peut facilement passer inaperçue.

Quand une méthode fonctionne depuis des années, on a rarement le réflexe de se demander :

« Est-ce qu’il y aurait une meilleure façon de faire? »

Cas réel no 3 – Catherine*

Catherine est actionnaire de sa société.

Son entreprise génère environ 120 000 $ de bénéfice avant rémunération.

Elle n’a pas d’employé et elle doit retirer tous les bénéfices de la société pour ses besoins personnels.

Elle doit donc décider comment sortir cet argent de sa société.

Et ici, une erreur très fréquente serait de poser seulement la question suivante :

« Comment faire payer le moins d’impôt possible à ma société? »

Parce que l’impôt de la société n’est qu’une partie de l’équation.

La vraie question est :

« À la fin, combien est-ce qu’il me reste réellement dans mes poches? »

On compare donc trois scénarios.

Salaire Dividende déterminé Dividende ordinaire
Bénéfice avant rémunération

120 000 $

120 000 $

120 000 $

Impôt de la société

—

31 800 $

25 800 $

Charges salariales de l’employeur

≈ 7 434 $

—

—

Montant brut versé à Catherine

≈ 112 566 $

88 200 $

94 200 $

RRQ + RQAP employée

≈ 5 338 $

—

—

Impôt personnel approximatif

≈ 28 900 $

≈ 4 850 $

≈ 16 780 $

Net dans ses poches ≈ 78 300 $ ≈ 83 350 $ ≈ 77 420 $

À première vue, on pourrait croire que le scénario à privilégier est celui où la société paie 21,5 % d’impôt plutôt que 26,5 %.

Après tout, moins d’impôt dans la société devrait vouloir dire plus d’argent pour Catherine.

Mais ce n’est pas ce qui se passe.

Dans cet exemple, en payant 26,5 % d’impôt dans la société, celle-ci peut verser un dividende déterminé, qui bénéficie d’un traitement fiscal personnel beaucoup plus avantageux.

La société paie alors environ 6 000 $ d’impôt de plus.

Mais Catherine économise près de 12 000 $ d’impôt personnel.

Au final, il lui reste environ 5 900 $ de plus dans ses poches que dans le scénario où la société paie seulement 21,5 % d’impôt et lui verse un dividende ordinaire.

Le salaire, quant à lui, laisse également moins de liquidités immédiates dans cet exemple, même s’il offre d’autres avantages qui ne sont pas mesurés ici, notamment la création de droits REER et l’accumulation de droits au RRQ.

Le point n’est donc pas de dire qu’un mode de rémunération est toujours meilleur qu’un autre.

Le point est plutôt celui-ci :

Payer moins d’impôt dans ta société ne veut pas nécessairement dire qu’il t’en reste plus dans tes poches.

Il y a une panoplie de possibilités.
Il faut regarder l’ensemble.

Ce que ces trois histoires ont en commun

À première vue, ces dossiers n’ont pas grand-chose en commun.

Un travailleur autonome qui dépasse le seuil de 30 000 $.

Une entreprise qui utilise une méthode de remise de taxes moins avantageuse.

Une actionnaire qui doit choisir comment se rémunérer.

Mais dans les trois cas, le problème est semblable :

il fallait savoir qu’il y avait une question à poser.

Étienne ne pouvait pas deviner que deux activités complètement différentes pouvaient devoir être considérées ensemble pour le seuil de petit fournisseur.

Marc-Antoine n’avait aucune raison de penser que sa méthode de taxes, utilisée depuis des années et parfaitement conforme, n’était peut-être pas la plus avantageuse.

Et Catherine aurait facilement pu chercher uniquement à réduire l’impôt de sa société sans réaliser que cette décision pouvait lui laisser moins d’argent personnellement.

C’est là que la proximité avec ton professionnel prend sa valeur

Ça peut simplement vouloir dire avoir quelqu’un qui connaît suffisamment bien ton entreprise et ta situation pour remarquer quand quelque chose mérite d’être vérifié.

Parce que certaines décisions sont beaucoup plus faciles à prendre avant qu’après.

Avant de dépasser un seuil.

Avant de produire une déclaration.

Avant de choisir une méthode pour les prochaines années.

Avant de sortir l’argent de sa société.

Et parfois, la meilleure intervention n’est pas une grande stratégie fiscale sophistiquée.

C’est simplement une question posée au bon moment.

Parce que tu peux être excellent dans ce que tu fais.

Tu peux être parfaitement capable de gérer une entreprise simple.

Tu peux avoir très peu de transactions et aucune comptabilité compliquée.

Mais il restera toujours une réalité :

Tu ne peux pas savoir ce que tu ne sais pas.

Et tu n’es pas trop petit pour que quelqu’un garde un œil là-dessus.

Les exemples et calculs présentés dans cet article sont simplifiés et servent à illustrer certains principes. Les règles fiscales applicables et les résultats peuvent varier selon la situation de chaque contribuable ou entreprise.



*noms fictifs

Un reçu en papier froissé avec un texte imprimé et un code-barres repose sur une surface blanche, projetant une ombre en dessous. Le texte et les détails du reçu sont partiellement visibles et déformés par les plis.

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